Comité du travail féminin

Descriptif de la recherche

2004-2006 : (sous la direction de Jacques Commaille), « Le ministère du Travail à l’épreuve du travail des femmes. Le Comité du travail féminin, 1965-1981 », recherche financée par la DARES dans le cadre d’une convention DARES/CNRS : projet réalisé en vue du centenaire du Ministère du Travail (2006). Durée du projet : 24 mois.

Note de synthese rapport CTF 2007

Publications et communications liées au projet

(voir également les rubriques “La cause des femmes dans l’Etat” et “Mouvement des femmes, droit et institutions“)

Rapport de recherche

Anne Revillard, 2007, La cause des femmes au Ministère du travail : le Comité du travail féminin (1965-1984), 240 p. Recherche réalisée sous la direction de Jacques Commaille, financée par la DARES dans le cadre d’une convention DARES/CNRS. Pour consulter/télécharger le rapport, cliquer ici : RapportCTF 2007

Publications

(2009). « L’expertise critique, force d’une institution faible? Le Comité du travail féminin et la genèse d’une politique d’égalité professionnelle en France (1965-1983). » Revue française de science politique, 59(2) : 279-300. Résumé et accès via CAIRN

Résumé : Cet article analyse le rôle du Comité du travail féminin (1965-1983) dans la genèse d’une politique d’égalité professionnelle en France. Créé à la demande d’associations féminines, cet organisme consultatif se situe en marge du ministère du Travail (absence de pouvoir formel, moyens matériels et humains réduits au minimum). Il a toutefois compensé cette faiblesse par un usage stratégique de l’expertise critique, qui lui a permis d’apporter une contribution importante à la mise sur agenda de l’égalité professionnelle. L’analyse des conditions de production et de diffusion de cette expertise montre comment la situation du Comité à l’interface entre État et société civile, qui explique sa faiblesse institutionnelle, a simultanément fonctionné comme une ressource politique.

2009. « Quelle politique pour les mères en emploi ? Le Comité du travail féminin et la conciliation travail-famille dans les années 1970 », pp.89-98 in Chantal Nicole-Drancourt (dir.), Conciliation travail-famille : attention travaux !, Paris, L’Harmattan/Logiques sociales.

2007. « Défendre la cause des femmes au Ministère du travail : le Comité du travail féminin », Travail et emploi, 110 : 91-102. Texte intégral

Résumé : Si la préoccupation vis-à-vis de la main d’œuvre féminine est ancienne au ministère du Travail, la création du Comité d’étude et de liaison des problèmes du travail féminin en 1965 introduit une innovation en cristallisant le passage d’une logique de « protection » à une logique de « promotion » du travail des femmes. Cet article s’appuie sur les archives du Comité, complétées par quelques entretiens, pour analyser les modalités et la portée de cette institutionnalisation de la cause des femmes au sein du Ministère du travail. Créé en réponse à la demande d’un regroupement d’associations féminines, ce Comité, doté de moyens très limités, ne doit l’ampleur de ses réalisations qu’à l’engagement de ses membres et de ses permanentes pour la cause des femmes. Promoteur de réformes égalitaires, il développe un répertoire d’action au sein duquel le recours à l’expertise et aux normes supranationales occupent une place essentielle. Outre ses apports à l’évolution du droit du travail et de la fonction publique, il a participé à l’émergence d’une communauté épistémique sur le travail des femmes, et son expérience a contribué à définir les bases du féminisme d’Etat en France.
 
Abstract : Advocating for women within the Labour Ministry : A French women’s bureau (1965-1981)
 
Although women’s labour isn’t a new issue for the French Department of Labour, the creation of a Women’s Bureau (Comité d’étude et de liaison des problèmes du travail féminin) in 1965 can be regarded as an innovation in the sense that this bureau introduces a switch from a logic of “protection” to a logic of “promotion” of women’s labour. This article analyzes this institutionalisation of women’s cause within the Department of Labour, based on the Comité’s archives and interviews with its staff members. Created in response to a demand made by a regrouping of women’s organizations, this committee, which benefited from very few means of functioning, only owes the range of its achievements to the dedication of its staff and members to the promotion of women’s rights. A promoter of equalitarian reforms, it uses a repertoire of contention in which expertise and international norms play a key role. Beyond its input to the evolution of labour laws and civil service legislation, it took part in the rise of an epistemic community on women’s labour, and contributed to defining the basis of French state feminism.
 

Communications

« Ecrire pour promouvoir l’égalité professionnelle : l’expertise critique du Comité du travail féminin », Séminaire « Femmes au travail : questions de genre, XVe- XXe siècles », séance sur « L’écriture institutionnelle du travail des femmes au XXe siècle », IHMC, ENS, Paris, 9 février 2010

« « Le nerf de la guerre, c’était notre centre de documentation » : le rôle stratégique de la circulation des savoirs dans l’action du Comité du travail féminin (1965-1984) », Colloque MOSAP « Mobilisation de savoirs dans les espaces intermédiaires de l’action publique », Lyon, 27 janvier 2010.

“Feminist expertise at the margin of the state : the Comité du travail féminin and the genesis of equal employment policy in France (1965-1983)”, Law and Society Association meeting, Montréal, mai 2008 (communication non présentée sur place). Texte intégral : Com LSA_2008-CTF

Abstract : In France as in many other western countries, the promotion of women’s status started being formally asserted as a public policy goal in the 1960s, leading to the creation of governmental structures specifically devoted to this aim. While deprived of any formal power or significant means of intervention, these agencies nonetheless contributed in bringing women’s rights issues on the political agenda. Focusing on the first such agency, the Comité du travail féminin (Women’s labor committee), and its role in the genesis of equal employment policy, I offer an explanation for this apparent contradiction between women’s policy agencies lack of formal power and their contribution to the furthering of women’s rights, by exploring the role of critical expertise as a leverage to transform public policy from within.

« Féminisme d’État, expertise critique et émergence d’un nouveau problème social : le rôle du Comité du travail féminin dans la mise sur agenda de l’égalité professionnelle (1965-1984) », Journée d’étude « Le rôle du féminisme dans l’émergence de nouveaux problèmes sociaux sur la scène publique », IEP Paris, 14 janvier 2008.

« La cause des femmes au Ministère du travail: le Comité du travail féminin (1965-1984) », colloque DARES «Elaborations et mises en œuvre des politiques du travail : le ministère du Travail et la société française au XXe siècle », Paris, 23 mai 2007.

“Bringing the movement within the state: the Comité du Travail féminin (1965-1981), or the unknown origins of French state feminism”, European Social Science History Conference, Amsterdam, 22 mars 2006. Texte intégral : Com ESSHC 2006 – CTF

Abstract : State feminism has become a focus of inquiry for political and social scientists since the 1990s, and the historical description of governmental institutions in charge of women’s interests and rights is still a work a progress. Whereas accounts of French state feminism often focus on the experience of the Roudy ministry (1981-1986), this paper aims at shedding light on an earlier, much less known experience, that of the Comité du Travail Féminin, an advisory committee for women’s labor that was created within the department of Labor in 1965, and lasted until 1984. This work is based upon an analysis of the archives of the committee, and interviews with former members and employees. First, I will give an account of the origins of this committee, showing that it was created following demands that had been made by feminine organizations since the beginning of the 1950s. Then, analyzing the committee’s work over the years, I will focus on two main aspects in order to shed light on some stakes implied in the penetration of women’s rights activists within the state. First, I will analyze the committee’s relationship to the department of labor, which levels issues of organizational and symbolic autonomy: What means are made available to the committee, in terms of budget, space, staff? What level of autonomy does the committee have in defining its subjects of inquiry and its stand? To what extent can it publicize its stands? Second, I will analyze the nature of the subjects the committee chose to tackle over the years, showing how it extended its official mission beyond the question of women’s labor, raising broader issues regarding women’s status in society. Finally, I will show that although this committee did not have much power and visibility, its experience contributes in explaining some key aspects of French state feminism.