Quelques conseils généraux pour l’écriture scientifique

Deux idées essentielles :

  • L’écriture scientifique, comme toute écriture, est un processus itératif ! Elle passe par de nombreux et patients allers-retours de relecture/réécriture.
  • L’écriture scientifique est une compétence qui s’acquiert et se développe de façon continue. A cet effet, des ressources sont disponibles, qui permettent de rendre les allers-retours plus efficaces.

Ci-dessous quelques ressources pour vous guider dans ce processus de réécriture : des ressources structurées et disponibles en ligne ou sous forme d’ouvrages, puis des notes personnelles en vrac sur quelques conseils utiles pour guider la réécriture.

Ces conseils doivent être adaptés en fonction des normes et exigences propres à chaque discipline et format de publication.

Deux pratiques utiles pour améliorer son écriture au fil du temps :

  • Notez au fil de la lecture des articles scientifiques des expressions, des tournures de phrases, que vous pourriez reprendre (pour une base déjà existante en anglais, voir http://www.phrasebank.manchester.ac.uk/ , mais je vous conseille de développer la vôtre).
  • Lorsque vous corrigez votre propre style dans le processus de relecture/réécriture de vos travaux, notez les tournures que vous avez tendance à adopter de façon récurrente et que vous souhaiteriez corriger à l’avenir ; vous pouvez ensuite utiliser cette check-list comme grille de lecture pour vos propres travaux. La mienne est reproduite à la fin de ce document pour illustration.

Exemples de sites/ouvrages à consulter pour des ressources sur l’écriture scientifique :

LSE Writing for research blog

http://www.raulpacheco.org/resources/academic-writing-acwri/

http://www.phrasebank.manchester.ac.uk/

Amanda McMillan Lequieu’s writing resources

Becker, Howard Saul. 2004. Écrire Les Sciences Sociales. Paris: Economica.

Dunleavy, P. (2012). Authoring a PhD. How to plan, draft, write and finish a doctoral thesis or dissertation. Palgrave study guides.

Quelques notes en vrac :

Organisation des paragraphes, intro et conclusion

Se relire soi-même paragraphe par paragraphe en notant :

•             Quelle idée est développée dans chaque paragraphe tel qu’il est écrit, et réorganiser les paragraphes si plusieurs idées sont évoquées en même temps (faire plusieurs paragraphes, ou a minima plusieurs phrases) ; revoir éventuellement le plan en fonction des idées qui auront émergé à lécriture (cest la technique du rétro-plan)

             Si certaines idées développées ne sont pas essentielles à la démonstration : dans ce cas, ne pas hésiter à les supprimer. Il faut viser lintelligibilité du propos avant tout, donc éviter de développer des commentaires inutiles à la compréhension de lidée centrale.

•             Si la même idée est répétée deux fois dans un paragraphe, revoir la construction des phrases et du paragraphe pour faire en sorte que l’idée ne soit exprimée qu’une seule fois. De façon générale, relire chaque phrase on se disant : est-ce que j’ai déjà exposé cette idée précédemment, et est-ce bien nécessaire de le répéter ?

Annonces de plan

Éviter les annonces de plan en poupées russes : il doit y avoir une annonce du plan général de l’article en fin d’introduction, puis éventuellement une ou deux phrases courtes d’annonce au début de chaque partie, mais pas besoin d’annonce de plan dans les sous-parties.

Concrètement, par exemple, plutôt que d’écrire : « Il va y avoir deux éléments : l’élément A et l’élément B. D’une part, l’élément A [développement sur A]…  D’autre part, l’élément B [développement sur B]… », on peut écrire : « Il va y avoir deux éléments. D’une part, l’élément A [développement sur A]…  D’autre part, l’élément B [développement sur B]… », et garder l’énonciation synthétique des deux éléments pour la conclusion.

Dosage du matériau empirique :

Il s’agit de trouver le bon équilibre entre restitution du matériau empirique et place laissée à l’analyse. Deux conseils à cet égard : ne pas chercher à donner toutes les illustrations empiriques de chaque idée qu’on développe (on peut navoir quune illustration par idée), et veiller à ce que tout matériau empirique cité fasse l’objet d’un commentaire, même court.

Conseils formels pour l’écriture :

Eviter d’exprimer deux idées dans une phrase (attention aux formulations commençant par : « bien que…, » ; on peut en avoir quelques-unes mais éviter d’en abuser)

Eviter la voix passive, notamment dans des cas où elle est inutile puisque vous précisez le sujet (traquer les « par » : « la théorie Y a été développée par X » à « X a développé la théorie Y »).

Éviter les spécifications non nécessaires dans le contexte : par exemple quand l’ensemble du texte parle des droits des personnes handicapées, on n’est pas obligé de préciser « des personnes handicapées » à toutes les phrases ; ou encore quand on a indiqué au début de la partie que les résultats présentés s’appuyaient sur telle enquête, on n’a pas besoin de commencer chaque phrase en indiquant « selon l’enquête X ».

Éviter les termes « méta » du type « nous allons montrer que » ; on peut être plus directe, plus asssertive.

Check-list pour fluidifier le style/faciliter la lecture :

[Cette liste est très personnelle, elle correspond à des points que j’ai notés comme des points à essayer de corriger à partir de mes propres habitudes d’écriture. Elle vise surtout à illustrer la démarche consistant à repérer au fur et à mesure les habitudes d’écriture qui peuvent être améliorées]

  • Mettre des points à la place des « : »
  • Faire deux phrases à la place des « Alors que… , …» ou « Si…, … »
  • Eviter la voix passive
  • Enlever ce qui renvoie au contexte évident de l’enquête (ex « le statut social des personnes handicapées »)
  • Vérifier les possibilités de suppression/substitution des « ce en quoi, ce qui traduit, le fait que »
  • Quand 2 phrases disent la même chose dans un paragraphe, n’en garder qu’une.
  • Enlever les redondances type « pas moins tout autant », « intégrant une prise en considération » –> « intégrant » ou « prenant en considération »
  • « Ceci se traduit par le fait que » –> « Ainsi, »
  • « être amené à faire » –> « faire »
  • « la question de X », « l’enjeu de X » –> « X »
  • « portant sur » –> « sur »
  • « je défends l’idée selon laquelle X doit être analysé de telle manière » –> « je défends une analyse de X de telle manière »
  • « notre démarche a consisté à faire truc » –> « nous avons fait truc »
  • « citons truc qui dit que » –> « truc dit que »
  • « permet d’illustrer » –> illustre
  • « Il convient de préciser au préalable que truc » –> « truc »
  • Au lieu de « tel exemple illustre cette situation », juste enchaîner sur la description du cas.
  • « tend à faire » –> fait
  • « au moment du début » –> « au début »
  • « Cet effet est par exemple attesté par » –> « par exemple »
  • Traquer les notamment, généralement, plus général, général
  • Bannir « évidemment »
  • Bannir « est celui qui », « est celle qui »
  • Eviter « c’est … qui »
  • Eviter « de façon significative », « justement »
  • Bannir « De façon intéressante », « De façon révélatrice »
  • « force est de constater que truc » –> « truc »
  • Eviter « en pratique »
  • « Ceci fait en sorte que »–> « Dès lors »
  • Faire des phrases séparées à la place des parenthèses et des tirets
  • Limiter les NBP
  • Pour un ouvrage : limiter les termes « interviewés », « enquêtés »
  • Essayer de limiter « le cas de… »
  • Participe présent –> faire deux phrases
  • Limiter les « comme nous l’avons vu », « comme nous le verrons »
  • Dans l’évocation des entretiens, utiliser « X décrit que » « Y raconte que » aussi peu que possible (notamment pas pour les éléments factuels)